/*

Structure de la fonction environnement

Vous êtes ici : Accueil » Management général » Structure de la fonction environnement
Structure de la fonction environnement

La direction de l’environnement est identifiée dans l’organigramme

La responsabilité de l’environnement, dans le sens d’une direction des ressources naturelles, n’est pas ou ne restera pas longtemps un appen­dice de l’une des directions traditionnelles que nous connaissons dans l’organisation industrielle.

Tel groupe agro-industriel multinational, qui a nommé son direc- teur-adjoint financier responsable de l’environnement, met comme par hasard l’accent sur le coût de son action environnement dans ses comptes de résultats. Son obsession devient donc de démontrer que son budget vert, qui comprend les postes qu’il veut bien y mettre, aug­mente d’année en année et que l’effort est considérable.

À aucun moment le même groupe ne se rend compte, puisqu’il a désormais son bilan vert, que sa crédibilité auprès des riverains de cer­taines de ses usines d’abord, auprès de ses clients-agriculteurs ensuite, auprès d’une opinion publique de plus en plus avisée et pour finir auprès du législateur national ou de la DG XI à Bruxelles, s’effrite à une vitesse qui est proportionnelle au rythme du débit des chiffres qu’il peut produire.

La direction environnement n’est ni une variante du contrôle de gestion, ni la dernière invention des responsables de la communica­tion, ni la chasse gardée d’une direction juridique ou d’une délégation aux risques majeurs. L’environnement nécessite une approche systé- mique dans l’entreprise où l’ensemble des métiers sont représentés, mais où la synthèse lui reste réservée.

A ce titre, la direction de l’environnement dans un groupe indus­triel est nécessairement une direction fonctionnelle ayant un pouvoir de contrôle et de suggestion qui se rapproche, dans son identifica­tion et dans son fonctionnement, de la direction des ressources humaines.

Les fonctions environnement sont définies

La fonction responsabilité de l’environnement, autant qu’elle est nécessairement intégrée dans la vie quotidienne de l’entreprise indus­trielle, peut assez facilement se définir. •

Il s’agit d’assurer l’interface entre l’extérieur et l’intérieur de l’entre­prise, tant dans ses aspects de réglementation, de communication, ¿’investissements, de suivi comptable de ces investissements que dans ses tentatives de sensibilisation et de formation de l’ensemble des col­laborateurs.

Ceci suppose une approche systémique dans l’analyse et des pou­voirs et responsabilités dans l’exécution des décisions, qui seront tou­jours sujets à la négociation permanente entre les opérationnels et le fonctionnel que sera nécessairement le responsable de l’environne­ment.

Le(s) responsable(s) environnement a (ont) un pouvoir de décision

La crédibilité d’une politique et des moyens de gestion de l’environne­ment est directement proportionnelle au degré de pouvoir que les res­ponsables de l’environnement ont dans l’entreprise.

De la même façon que les industriels professionnels acceptent (bien évidemment sans plaisir) de détruire ou d’éliminer un lot de produits qui ne correspondent pas aux normes de qualité qu’ils se sont fixées ou qui leur ont été imposées, il faut que les responsables de l’environne­ment puissent dans l’industrie, si besoin était, arrêter un processus contraire au respect des normes ou aux exigences de l’environnement.

Le paradoxe de l’industrie du plastique médical vient ici de nouveau à l’esprit. Les précautions prises pour éviter toute contamination ou toute déstabilisation chimique des produits finis, tels les seringues à jeter ou les cathéters, sont extrêmement précises et codifiées de façon rigoureuse par le législateur. En revanche, le sort des déchets de fabri­cation d’une part, des produits finis usagés d’autre part, chacun source d’une pollution réelle et aussi importante que celle maîtrisée du pro­duit fini en phase opérationnelle, n’intéresse littéralement que quelques rares professionnels du déchet plastique ou des déchets hos­pitaliers, généralement trop peu entendus pour être efficaces.

On en arrive en France à cet autre paradoxe auquel j’ai assisté dans le bassin de la Loire : une centrale nucléaire dont le responsable sécurité- environnement constate une anomalie de fonctionnement pourra arrêter le réacteur sous sa seule responsabilité, tandis que le fonctionnement de l’usine de plastique d’à côté, dont les émulsions risquent manifestement de déborder accidentellement dans le système des nappes phréatiques de la région, ne peut être stoppée que par décision de son président-directeur général basé à Paris, donc lorsqu’il est déjà trop tard…

La direction environnement donne des consignes écrites à l’ensemble des services de l’entreprise

On peut classer les secteurs industriels par ordre décroissant de régle­mentation interne de la sécurité et de l’environnement.

En tête vient sans conteste le nucléaire, avec des procédures de fonc­tionnement strictes (pas toujours respectées), avec les plans d’interven­tion en cas d’incident (ORSEC, RAD et NUCMAR), avec vingt-quatre cellules d’intervention rapide sur le territoire, avec une surveillance du respect des consignes que EDF, Framatome ou Cogema étendent à l’ensemble de la chaîne, y compris au dernier des sous-traitants.

La chimie lourde viendrait en deuxième position, avec des procé­dures contraignantes qui trouvent leur origine dans la réglementation de l’Administration, mais également dans une autodiscipline qui se traduit par des consignes qui concernent au moins l’ensemble des pro­cessus, mais pas nécessairement l’usage que fait le client des produits finis.

Si la métallurgie, la mécanique, l’automobile et le papier ont encore un score honorable dans le degré d’explicitation des consignes – tou­jours essentiellement au niveau des processus —, l’agro-industrie, le textile et le bois sont des secteurs dans lesquels la plupart du temps, la notion même d’un manuel environnement est encore loin des esprits de la plupart des dirigeants.

La direction environnement a son propre compte d’exploitation

Toute action qui n’est pas mesurable en termes financiers passera toujours au second plan dans l’entreprise, pour autant qu’elle puisse même exister.

J’insiste particulièrement sur la mise en place d’un budget autono­me, intégré dans les budgets sectoriels, comme une « taxe » de frais généraux, dont la configuration ne peut qu’être adaptée à chaque entreprise individuelle, mais dont l’environment auditing anglo-saxon commence à donner des modèles de budgets et de contrôle de gestion vert de mieux en mieux rodés.

Aux États-Unis, les sociétés qui veulent entrer en bourse sont désor­mais obligées, par la Security and Exchange Commission, de se sou­mettre à un compliance audit, contrôle du suivi de la réglementation concernant l’environnement. Cette exigence a tout naturellement mené les grands cabinets comptables à proposer des systèmes de contrôle de gestion adaptés à la gestion financière de l’environnement.

En Europe, la Hollande, sous l’impulsion de son ministère de l’Environnement depuis 1984, est certainement le pays qui compte le plus d’expériences industrielles dans la comptabilité de l’environnement.

La solidité de la structure environnement apparaîtra à travers le score de l’auto-diagnostic ou du diagnostic.

À partir de là, il devient assez facile de définir les moyens dont on aura besoin pour mettre en œuvre sa stratégie verte.

J’insiste pour la mise en place d’une structure fonctionnelle autonome.

De nos enquêtes sur la fonction environnement dans l’entreprise française, ressort une grande variété d’orientations. Il s’agit essentielle­ment de problèmes de communication pour les uns, de qualité-sécurité pour les autres, de marketing pour un troisième, de connaissance des réglementations juridiques pour un quatrième, de processus de traite­ment technique pour un cinquième, de formation et de sensibilisation pour un sixième, de suivi des coûts pour un septième et de recherche- développement pour le dernier.

Chacun des grands groupes industriels sera certainement capable de se classer soi-même dans l’une de ces catégories.

La responsabilité environnement a été accrochée à l’origine tant bien que mal, dans chacun des cas, à la fonction qui se rapprochait le plus de l’idée que l’on s’en faisait.

Ce n’est que depuis peu que la conscience émerge. Il s’agit en fait d’une fonction autonome qui englobe l’ensemble des métiers de l’entreprise.

Vidéo : Structure de la fonction environnement

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Structure de la fonction environnement

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié