L'Accueil à l’hôpital : ses fonctions et ses buts: accueil en milieu hospitalier
Définir la situation
À l’origine l’hôpital est un lieu d’accueil pour les personnes sans ressources, le plus souvent géré par des communautés religieuses, il s’inscrit dans une perspective résolument caritative. Il est important de rappeler cela car cette dimension de charité, si elle a disparu de la réalité actuelle de l’hôpital, n’a pas pour autant disparu des idéaux et des attentes, on retrouvera donc de temps à autre un glissement de sens vers la dimension caritative.
L’hôpital actuel est un lieu où l’on prend en charge de façon temporaire, les personnes malades pour des soins et des interventions qu’il n’est pas possible de réaliser au cabinet du médecin traitant ou au domicile du patient. L’hôpital n’est pas un lieu de plaisir, on s’y rend par nécessité avec en général un certain degré de crainte et le souhait d’en sortir au plus vite. L’hôpital est géré par l’État qui lui attribue un budget, un personnel qui peut être assimilé à des fonctionnaires, les postes y sont en effet pourvus par concours et par nomination.
La clinique fonctionne différemment car elle est gérée par des sociétés privées, compagnies d’assurances, associations, ou groupe médical. Mais la clinique comme l’hôpital ont pour vocation d’accueillir et de soigner les personnes malades.
l’hôpitaux ou cliniques n’offrent pas leurs services gratuitement, le coût de l’hospitalisation est assumé par les assurances sociales des personnes et leurs compagnies d’assurance.
Les soins réalisés en milieu hospitalier sont généralement soit trop lourds pour être effectués au cabinet du médecin généraliste ou spécialiste, soit trop spécialisés. Ces interventions nécessitent donc d’être effectuées dans des structures adaptées. Hôpitaux et cliniques rivalisent d’équipements technologiques les plus sophistiqués et les plus variés. Ces technologies s’appliquent notamment à l’exploration, permettant de visualiser ce qu’on ne pouvait voir auparavant qu’au cours d’interventions chirurgicales, et, aux méthodes de soins.
Le coût élevé des technologies justifie qu’elles soient à leurs débuts réservées à de puissantes structures hospitalières. Certaines évoluent vers une meilleure maniabilité et un moindre coût ce qui les rend accessibles et utilisables en médecine courante, en dehors donc du milieu hospitalier.
À quoi sert l’hôpital ? Que produit-il ?
On comprend, qu’outre sa vocation à apporter aux malades les soins appropriés, l’hôpital a d’autres fonctions, dérivées de la première.
Un certain degré d’expérimentation des technologies, des méthodes, et des médicaments fait partie du paysage hospitalier. Enfin, le centre hospitalier universitaire demeure un centre de formation pour les médecins, certaines professions de santé et le personnel infirmier.
Il peut paraître étrange de s’interroger sur ce que produit l’hôpital parce qu’à première vue, bien des gens croient qu’il s’agit de santé. Or, ce n’est pas tout à fait exact, même si, à la suite d’un séjour à l’hôpital et de soins adaptés nous sommes guéris d’un mal, cela ne veut pas dire qu’un centre hospitalier soit producteur de santé. La structure hospitalière produit aussi de la maladie, un peu comme si elle s’auto-fournissait sa raison d’être. Cette affirmation peut paraître tout à fait bizarre, pourtant, un rapide coup d’œil vers le passé nous montre qu’aujourd’hui nous connaissons beaucoup plus de maladies qu’au siècle dernier. Celles-ci apparaissent au fur et à mesure que nous développons les moyens de les mettre en évidence (images, diagnostics, biologie, etc…), et, les moyens de traiter les agents responsables de ces maladies, à chaque fois que nous fabriquons un nouveau médicament nous jetons les bases nécessaires à l’apparition d’une nouvelle maladie, ou d’une forme plus coriace d’un mal déjà connu !
Est-ce à dire qu’il faut cesser de chercher et d’innover ? Nous ne saurions défendre une position aussi radicale sans sombrer dans un total manque de réalisme. D’autant que le sens donné aux recherches a permis de sauver un grand nombre de gens. Aujourd’hui, beaucoup de maux ont été vaincus grâce à ces démarches. Les remarques ci- dessus n’ont que le but d’inciter à réfléchir sur les fonctions et les buts apparents et dérivés de nos sujets d’étude. Parce que ces problèmes participent aussi à la représentation sociale des milieux hospitaliers, lieux de souffrances, de dangers, mais aussi d’espoirs.
Quels sont les intérêts en jeu dans le fonctionnement des sites hospitaliers ? A qui profite cette activité ?
On pourrait penser que l’hôpital sert avant tout les intérêts du malade, mais ce serait oublier qu’il représente aussi un intérêt majeur en tant que partenaire de la vie économique car il s’insère dans un tissu socio-économique étendu et complexe. On peut avoir une idée de son champ d’insertion ne serait-ce qu’en évoquant la liste des besoins d’un hôpital. Personnel, matériels, compétences diverses participent de près ou de loin à l’activité hospitalière.
Une structure hospitalière fournit en fait un nombre d’emplois directs relativement limité, mais aussi et surtout d’emplois dérivés et annexes. Du fabricant de médicaments, aux spécialistes de l’informatique, en passant par la restauration, l’hôpital mobilise un grand nombre de compétences.
Les partenaires et fournisseurs représentent donc eux aussi des intérêts en jeu dans le fonctionnement d’un hôpital.
Le cas des cliniques privées est différent puisqu’elles fonctionnent comme de véritables entreprises, toutefois, il convient de noter que bon nombre d’observations s’appliquent autant à elles. Les cliniques n’ont pas toutes les fonctions de l’hôpital, notamment pas celles de formation. En revanche, elles subissent les contraintes de l’obligation de résultat financier comme n’importe quelle entreprise.