Lean machine

L’expression « lean machine » renvoie au lean management, ou production allégée : une méthode d’organisation qui cherche à améliorer la qualité et la productivité en éliminant tout ce qui n’apporte pas de valeur au client. Le mot anglais lean signifie « maigre » ou « sans gras ». Née au Japon dans le système de production de Toyota, la méthode s’est diffusée dans l’industrie, puis dans les services, la santé et l’administration.
Des origines japonaises
Le lean est issu du Toyota Production System, développé à partir de l’après-guerre, notamment sous l’impulsion de l’ingénieur Taiichi Ohno. Le terme lean a été popularisé à la fin des années 1980 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology, puis par le livre de James Womack, Daniel Jones et Daniel Roos, The Machine That Changed the World (1990), qui comparait l’industrie automobile japonaise à ses concurrentes occidentales. L’image d’une machine de production « allégée », débarrassée de ses excès, résume bien cette ambition.
Les sept gaspillages
Au cœur du lean se trouve la chasse aux gaspillages, appelés muda en japonais. On en distingue traditionnellement sept :
- la surproduction, c’est-à-dire produire plus ou plus tôt que nécessaire ;
- les attentes ;
- les transports et manutentions inutiles ;
- les traitements inutiles ou excessifs ;
- les stocks ;
- les mouvements inutiles des opérateurs ;
- les défauts, qui entraînent retouches et rebuts.
Principes et outils
Le lean repose sur quelques principes : définir la valeur du point de vue du client, analyser le flux de production pour en retirer les étapes inutiles, faire circuler les produits sans à-coups, produire à la demande (en flux tiré, ou juste-à-temps) et rechercher l’amélioration continue, le kaizen. Parmi les outils les plus connus figurent les 5S (rangement et organisation du poste), le kanban (étiquettes qui déclenchent la production), la cartographie de la chaîne de valeur, le changement rapide de série (SMED) et le jidoka, qui permet d’arrêter la production dès qu’un défaut apparaît.
Le lean et les conditions de travail
Le lean fait l’objet de critiques. Des travaux du Centre d’études de l’emploi, fondés sur les enquêtes européennes sur les conditions de travail, ont distingué quatre grandes formes d’organisation : apprenante, en lean production, taylorienne et de structure simple. Selon ces études, les conditions de travail et la santé des salariés y sont meilleures dans les organisations apprenantes que dans les organisations en lean production, où l’intensité du travail et les contraintes de rythme sont plus fortes. D’autres auteurs soulignent que les effets dépendent beaucoup de la manière dont la méthode est appliquée : utilisée comme un simple outil de réduction des coûts, elle peut accroître le stress ; associée à une réelle participation des salariés, elle peut améliorer l’organisation du travail.



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