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La stratégie de transformation

Vous êtes ici : » » La stratégie de transformation ; écrit le: 25 avril 2012 par imen modifié le 7 novembre 2014

La stratégie de transformationIl est difficile, pour décrire la stratégie de transformation, de ne pas visualiser une situation réelle.

Au risque de demander un effort supplémentaire d’imagination par analogie aux responsables d’autres secteurs économiques, la grille d’analyse que je présente est celle fondée sur le diagnostic d’une fon­derie de zamac de moyenne importance.



Située sur la rive droite de la Seine, en aval de Paris, l’entreprise a cessé son activité, non pour des raisons d’atteinte grave à l’environne­ment, mais pour des raisons de rentabilité et de logique industrielle au sein du groupe auquel elle appartenait.

La rive droite de la Seine en aval de Paris est caractérisée à la fois par son lit de fleuve très large, par définition perméable, et par ses falaises, tous les deux d’une fragilité impressionnante par rapport à toute pol­lution accidentelle ou volontaire des sols.

Il n’y a jamais eu d’incident alarmant dans le cas précis que j’évo­que. Néanmoins, pour que le lecteur puisse reconstruire sa propre grille d’analyse sur ce critère, il convient qu’il garde à l’esprit ses quelques éléments historiques, qui justifient l’énoncé des présentes grilles d’analyse.

Comme dans d’autres sites industriels en France – Strasbourg, Gre­noble, Givors, Valence -, la fragilité de l’écosystème immédiat et local par rapport à toute agression volontaire ou involontaire m’a amené à introduire le concept de cadre bio-géologique, voulant signifier par-là 1 impact de notre activité sur l’équilibre de l’écosystème proche, visible de tous et vécu au quotidien, peut être d’une différence capitale d un site à un autre.

Votre établissement s’intégre dans votre cadre biogéologique

tes scieries du Périgord s’intégrent dans le cadre biogéologique de leur région, à tel point qu’il faut les connaître pour les chercher et les avoir fréquentées pour les trouver.

La centrale de Chinon, en revanche, ne s’intégre pas dans le cadre biogéologique de la vallée de la Loire : ignorer sa présence est impos­sible.

Ceci n’est pas un satisfecit pour les scieries, ni un blâme pour la centrale, c’est un constat. Il ne s’agit pas non plus de laisser penser qu’une scierie est naturelle et positive pour l’environnement et une centrale nucléaire artificielle et négative pour ce même environne­ment.

Toutes proportions gardées, les scieries pourraient être plus nuisibles à leur environnement immédiat – leur cadre biogéologique — parce que moins visibles qu’une énorme centrale nucléaire, sous réserve que le pouvoir d’un contrôle responsable s’y exerce réellement.

En revanche, les scieries s’intégrent normalement dans leur cadre biogéologique, la centrale au contraire le modifie profondément. Il faut en tirer les conclusions quant à la gestion et à la stratégie indus­trielles.

Pour avoir nié de telles évidences, le développement de l’énergie nucléaire aux États-Unis et en Allemagne aura bientôt vingt ans de retard sur la recherche française et japonaise.

L’implantation de l’activité industrielle et des services peut avoir un impact tel sur le cadre biogéologique dans le nucléaire, mais aussi pour les barrages, les autoroutes, le TGV, l’extension de l’aéroport de Francfort… que la stratégie de communication devrait prendre normalement le pas sur la stratégie de transformation proprement dite.

Ce qui revient à transférer davantage de pouvoir de décision de 1 ingénieur au responsable de la communication dans l’entreprise. Ce qui, surtout dans les domaines cités, où justement la maîtrise et le savoir-faire techniques sont d’une importance vitale, constitue un Paradoxe que l’ingénieur a du mal à accepter, et on le comprend.

Ce paradoxe explique, à mon avis, en grande partie la timidité de communication de groupes industriels hautement performants dans leur secteur. Cogema, Framatome, d’autres industriels encore liés à Ü filière nucléaire sont connus non pour leurs performances techniquj et technologiques quotidiennes (qui pourtant sont indéniables), ntl pour les quelques incidents qui ont marqué leur existence et dont fl s’efforcent le plus souvent de nier la réalité.

Vos processus de transformation sont positifs ou inoffensifs pour l’environnement

La symbiose entre les centrales thermiques, la pisciculture, la gestion des grands bassins du point de vue biogéologique n’est plus une vue de l’esprit mais une réalité que l’on peut constater à l’embouchure de quelques grands fleuves en Europe. Exception faite pour le delta du Rhin, où nos amis hollandais sont obligés de faire face aux consé­quences de l’irresponsabilité des trois autres pays riverains : l’Alle­magne, la France, la Suisse.

La comparaison entre le sort actuel des embouchures des fleuves en Europe est exemplaire quant à la relation entre le caractère positif ou au moins inoffensif de l’activité industrielle d’une part, et le pouvoir de responsabilisation d’autre part.

La gestion de la Tamise, de la Loire, de la Seine, et même du Rhône ou du Pô, soumis chacun à une autorité unique et responsable, est devenue possible et est en train d’instaurer un équilibre biogéologique où l’industrie et les services ont leur rôle – non seulement neutre, mais souvent positif — à jouer.

La gestion du Rhin ou du Danube reste encore aujourd’hui une vue de l’esprit, non parce que l’industrie et les services sont intrinsèquement polluants, mais parce que le pouvoir de les responsabiliser n’existe pas.

À un niveau plus terre à terre, notre fonderie de zamac à l’ouest de Paris n’était en soi pas polluante, si ce n’était que son organisation de la production et de la transformation de ses matières premières l’obli­geait à stocker ses rebuts (10 % de la production, en attente d être refondus) à l’air libre.

L’oxydation et l’infiltration du zinc et de l’aluminium dans le sol, puis dans la nappe phréatique et ensuite dans la Seine, n’ont pas été mesurées et ne sont peut-être pas mesurables, mais resteront un pro­blème réel, même après la cessation de l’activité et aussi longtemps celui du stockage des déchers à l’air libre n’aura pas été résolu, ce our quoi une simple cuve de béton pourrait suffire.

À l’inverse, un système ingénieux de collecte sélective de déchets solides urbains, mis au point par un groupe concurrent anglais, non seulement résout le problème, mais s’emploie à éliminer de façon ren­table les métaux, dont le zamac, des décharges publiques.

Je n’ai jamais rencontré d’exemple de fatalité de la pollution qui ne puisse être transformé en action positive, à la fois du point de vue bio­géologique et du point de vue économique.

Vous disposez d’un manuel de sécurité interne qui suit les processus de transformation

En France, l’existence précoce d’un Comité d’Hygiène et de Sécurité créé dans la foulée des lois de participation sociale à la gestion, déjà chère au gouvernement de 1946 du général de Gaulle, aura paradoxa­lement freiné une véritable prise en charge de la responsabilité sociale collective dans les processus de transformation.

Dans les enquêtes que mes collègues et moi-même avons pu mener, il s’avère de façon constante que les manuels de sécurité interne sont en décalage par rapport à la réalité du nouvel environnement techno­logique qui s’est créé depuis. Devenus de véritables « bibles » — d’autant plus intangibles que la plupart du temps les tractations entre parte­naires sociaux sont longues et passionnelles -, ils constituent très souvent des freins réels à une prise en charge des problèmes de l’environnement.

Ainsi, dans notre fonderie de zamac qui sert de centre de focalisa­tion des idées dans ce chapitre, la sécurité et la prévention de pollu­tions internes ou externes par un accident au niveau du transport du j métal fondu faisaient à juste titre l’objet d’un manuel de sécurité, qui prévoyait le moindre risque, et il y en eut pas mal.

Mais lorsque la société commençât à se diversifier, notamment vers des pièces pour l’aérospatiale, nécessitant une stérilisation sous rayons gamma, le souci aussi bien des techniciens que du comité d’entreprise et de son comité d’hygiène et de sécurité devint l’acquisition d’une I propre source de stérilisation, même si la majorité des agents de pro- I duction était des femmes jeunes en âge d’avoir des enfants, ce qui n’a I jamais fait bon ménage avec des sources radioactives…

Le manuel de sécurité, cette « bible » à laquelle on n’osait toucherB non seulement se révélait inopérant pour cette nouvelle donne technôj logique éventuelle, maiis son aggiornamento n’était surtout pas désiré !

L’innovation, les nouvelles technologies, les investissements repré-1 sentaient et représentent pour ces hommes et ces femmes l’espoir Quoi de plus naturel qu’ils soient grisés au point d’oublier la pusillani­mité avec laquelle ils scrutaient jadis les dangers potentiels des anciennes technologies.

Ce n’est pas une raison pour le responsable d’entreprise de ne pas se rappeler que tout manuel consigné n’est valable que par rapport aux circonstances de la consigne donnée et que, dans une situation d’évo­lution technologique fulgurante comme la nôtre, le manuel de sécurité devient comme un bottin dont on changerait la moitié des références ! tous les ans.

Vous mesurez l’impact de vos processus de transformation sur votre cadre biogéologiqe

Il y a un monde entre la sophistication du four d’incinération de Rhône-Poulenc, dont les capteurs de mesure du soufre, disséminés dans les environs, commandent en temps réel le régime de combus­tion, et les brûleurs de notre fonderie de zamac, où l’on fait entrer et donc sortir un peu tout, pourvu que cela fasse fondre le métal.

Le diagnostic, sur ce critère spéficique, doit permettre de position­ner l’effort nécessaire entre ces deux extrêmes et de contribuer ainsi à la mise en place graduelle de la stratégie verte.

Vos processus et procédés de transformation répondent aux lois, décrets et directives sur l’environnement

À côté de l’audit de conformité traditionnellement connu depuis des années, notamment en matière de sécurité et d’hygiène (bureau Véritas, etc.), se sont récemment développées un nombre de sociétés de services d’un type assez nouveau, prenant en compte de façon plus incisive le facteur environnement.

Cette évolution ne peut que s’accéléter, pour au moins trois raisons, j

Premièrement, la jurisprudence chez nos amis outre-Atlantique jLimpte déjà plusieurs cas désormais célèbres d’entreprises responsabi­lisées face à des accidents qu’elles auraient pu provoquer, y compris avec effet rétroactif et même si les responsables et ou les propriétaires n’ont plus rien à voir avec les faits incriminés.

L’audit de conformité, même historique, devient par conséquent impératif, s’élargissant à l’ensemble des problèmes potentiels de l’envi- ronnenement. Les assureurs ne sont pas les derniers à encourager cette évolution, en créant des produits spécifiques, notamment adaptés aux transmissions d’entreprise.

Deuxièmement, l’expérience des audits de conformité, y compris des groupes industriels les mieux outillés en matière de normes de sécurité, d’hygiène et d’environnement, nous montre chaque fois que l’évolution technique du site, par rapport au cahier de charges d’origine, la substitution du bon sens à des règles parfois inutilement contrai­gnantes et, surtout, la routine créent petit à petit un fossé entre les manuels et leur application.

La remise sur le chantier, en permanence, des manuels sécurité et environnement, suite logique d’un audit de conformité, devient ainsi une activité permanente. En fonction de son positionnement sur ce critère, cet objectif deviendra plus ou moins (momentanément) urgent dans la stratégie verte.

Enfin, sous la contrainte du législateur et de l’Administration d’une part, et sous la pression conjuguée des clients industriels dont ils sont sous-traitants et de l’opinion publique locale d’autre part, les PME- PMI deviennent demandeurs des services d’audit de conformité et ont parfois bien du mal à trouver ce qui leur convient.

Vos moyens de production ne sont pas nuisibles a votre cadre biogéologique

La direction des transports EDF, les gazoducs de GDE l’aéroport de Paris ne pourront jamais prétendre que leurs moyens de production ne sont pas nuisibles à leur cadre biogéologique. Bien au contraire, ils le façonnent de manière irresponsable, ou de manière responsable.

La stratégie verte, dans la mesure où le poids de ce critère est déter­minant, ne devrait donc pas chercher à limiter les dégâts, mais au

contraire chercher à façonner le nouveau cadre biogéologique nJ émerge, de façon à ce qu’il s’intégre dans l’écosystème global.

L’analogie avec la chasse ou la pêche en haute mer vient ici immé­diatement à l’esprit : tuerie aveugle et irresponsable dans un cas, ges­tion d’un cadre biogéologique qui s’intégre dans l’écosystème dans l’autre.

Les produits intermédiaires, les fluides et l’énergie que nécessite votre activité n affectent pas votre cadre biogéologique

Il ne suffit pas de fabriquer en salle blanche des circuits intégrés, que l’on acheminera ensuite sous vide pour être incorporés dans un satellite, pour pouvoir prétendre à une activité non polluante.

Les déchets en métaux lourds, le sort des badges rejetés au contrôle- qualité, jusqu’à l’énergie même qui permet de garder la salle blanche stérile font bien partie de l’activité.

Le contrôle qualité comporte des normes écrites de mesure d’impact sur l’environnement

Délaissant mon terrain privilégié de l’entreprise industrielle, je ne peux m’empêcher de penser à cet hôpital de l’Assistance publique où les normes d’hygiène et de sécurité, l’équivalent du contrôle-qualité dans l’industrie, furent lors de mon passage comme organisateur de l’Administration des plus strictes jusqu’à Tincinération des déchets qui crachait pêle-mêle dans l’atmosphère métaux lourds, dioxine, gaz toxiques, etc.

L’équivalent de l’hôpital peut se rencontrer encore très souvent dans l’organisation industrielle et des services, les déchets n’étant par défini­tion pas considérés comme faisant partie de la qualité. Et pourtant !

Vous disposez d’un plan de crise en cas d’incident grave

Comme pour le manuel de sécurité interne , la préco­cité des textes concernant la sécurité industrielle en France joue actuel­lement plutôt en notre défaveur, notamment par rapport à nos voisins du Nord.

arfois, bouleverse totalement les données d’un problème de crise, sans pour autant changer les plans d’urgence.
l’industrie lourde et dans toutes les activités industrielles clas- . ]es plans de crise font partie de la panoplie des responsables de la sécurité. Trop souvent, ceux-ci se résument à « la loi, toute la loi, mais  de l’évolution technologique qui,Telle menuiserie industrielle en Bretagne vous présentera son plan Orsec en cas d’incendie, prévoyant l’évacuation des lieux, la protection de l’environnement immédiat, le libre accès des pompiers, le tout cal­culé en fonction des foyers de chaleur maximale qu’un incendie géné­ralisé pourrait dégager.

Le seul problème est que la menuiserie est passée en dix ans d’une consommation de 80 % de panneaux de bois dans sa production à 80 % de résines plastiques et que la protection anti-toxique, en cas d’incen­die grave, n’est nullement prévue dans ce plan Orsec.

Le classement sur ce critère dépend donc entièrement du degré de cohésion entre l’évolution technique et technologique de la transfor­mation et les dispositions d’un plan de crise.

Les normes de sécurité et d’environnement sont strictement respectées par les agents de production

Que ce soit à bord d’un vaisseau spatial, dans la salle de contrôle d’une raffinerie de pétrole, dans un laboratoire de génie génétique, ou dans un atelier de tôlerie mécanique à Garges-Lès-Gonesse, la réponse à ce critère ne peut jamais être satisfaisante à 100 % (soit 5 sur 5).

Le dépistage systématique de ce qui pourrait échapper au contrôle de processus est une tâche répétitive, parfois peu exaltante, que les simulations de crise, par dépistage assisté par ordinateur, rendent désormais plus motivantes et plus performantes.

Ainsi, dans certains sites industriels classés, les grandes compagnies d assurances aux États-Unis encouragent les jeux de crise, véritables stimulants pour les agents de production dans des secteurs à risque, pour entraîner leur sens de réaction en cas d’incident.

Votre performance sécurité/environnement dans votre stratégie de transformation : par rapport aux autres grilles d’analyse, le score global.

Vidéo : La stratégie de transformation

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